Prédication d’Elisabeth Schenker du 17 février 2019 

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1) Textes bibliques

 

Ouverture Actes 1, 8

 

« Une fois que l’Esprit saint sera venu sur vous,

vous recevrez une puissance, une force,

et vous serez mes témoins jusqu’aux extrémités de la terre »

 

 

Lecture 1 Luc 6, 12-20

 

12 En ces jours- là (où les spécialistes de la loi et les pharisiens étaient remplis de rage, et qu’ils discutaient de ce entre eux de ce qu’ils pourraient lui faire)[1], Jésus sortit de la ville vers la montagne pour prier[2], et durant la nuit entière il était dans la prière de Dieu[3]. 13 Et quand le jour arriva, il appela[4] ses disciples[5] (par leur nom), et parmi eux il en choisit[6] douze pour lui,

et leur donna alors le nom d’apôtres[7], « d’envoyés au loin » ; 14 Simon, à qui il donna aussi le nom de Pierre, et son frère André, Jacques et Jean, Philippe et Barthélémy, Matthieu et Thomas, Jacques d’Alphée et Simon que l’on appelait le Zélote, 16 Judas de Jacques et Judas Iscarioth qui devint traitre[8].

 

17 Puis il descendit avec eux, il se tint sur un lieu tout plat ;

et c’est une foule nombreuse de ses disciples, une multitude nombreuse du peuple de toute la Judée et de Jérusalem et des villes de la côte Tyr et Sidon, 18 qui virent l’écouter, lui, et être guéris[9] eux de leurs maladies[10].

 

Et ceux qui étaient gênés[11] par des souffles[12] impurs [13]

étaient soignés[14].

19 Et tous les gens de la foule cherchaient à le toucher lui,

parce qu’une puissance, une force[15], émanait de lui,

et guérissait tout.

 

20 Et lui, ayant levé les yeux vers ses disciples, il disait :

 

« heureux les humbles[16],

parce que le royaume de Dieu est vôtre »

 

Lecture 2 : 1 Corinthiens 13, 1-13

 

1 Même si je parlais toutes les langues humaines,

et même celles des anges, si je n’ai pas l’amour,

je ne suis que du bronze qui résonne, une cymbale qui sonne.

 

2 Et même si j’avais le don de prophétie,

la vision de tous les mystères et tout le savoir,

même si j’avais toute la foi, au point de déplacer les montagnes,

mais que l’amour, je ne l’ai pas… je ne suis rien.

3 Et même si je distribuais toutes mes ressources par bouchées entières, si je livrais mon corps afin de me vanter,

mais que je n’ai pas l’amour…. je ne sers rien.

 

4 L’amour est persévérant, il est de bonne foi,

il ne se gonfle pas d’orgueil.

L’amour ne se met pas en rivalité, il n’est pas étourdi,

5 il est délicat, il ne cherche pas ses propres avantages,

il ne pique pas ;

Du mal, il n’en tient pas les comptes, 6 il ne se réjouit pas des erreurs, mais trouve sa joie dans la vérité.

 

7 L’amour recouvre tout,

il a confiance en toute circonstance,

il espère, en toute circonstance,

il se tient là, quoiqu’il arrive.

 

 

2) Prédication d’Elisabeth Schenker

 

« Une foule nombreuse de ses disciples, une multitude de gens virent l’écouter, lui, et être guéris eux de leurs maladies »

 

Lui, c’est Jésus, dont l’évangile de Luc nous dit en son début que son nom a été soufflé à sa mère par un ange : « tu l’appelleras Jésus ».

Jésus, un nom qui vient de l’hébreu et qui signifie à la fois victoire, bien-être, prospérité, bonheur, mais avant tout salut et délivrance.

 

D’ailleurs dans l’évangile de Luc, Jésus commence par enseigner dans les assemblées de prière et devient vite assez célèbre nous disent les textes,

mais la première de ses actions telles que nous le raconte l’évangile de Luc

est une délivrance : celle d’un homme dont il est dit qu’il avait un « esprit de démon impur »[17]. La formule curieuse s’il en est ne se rencontre que là[18].

 

Jésus ensuite guérit la belle-mère de Pierre, « en proie à une forte fièvre »[19],

puis de nombreuses autres personnes sans que l’on ait plus de détails, hormis ce que rajoute le texte de Luc : « des démons sortaient de beaucoup de gens en criant  » toi tu es le Fils de Dieu » [20]».

Puis Jésus appelle ses disciples, guérit un lépreux, des paralytiques… des malades et des personnes « troublées par des esprits impurs ». C’est cette formule que nous trouvons ici dans ce passage, et qui est employée comme un synonyme du mot démon dans les différents textes des évangiles.

Un mot qui a de tous temps a eu le pouvoir d’activer nos imaginaires d’enfants, très fertiles, et très friands d’histoires à se faire peur. Nombre d’écrits de toute sorte ont fleuri d’ailleurs, avant déjà et après la naissance du Christ, qui mettent en scène des démons, des esprits impurs, des anges prétendument déchus.

Bien que les toutes jeunes églises, dans leur grande sagesse, n’aient jamais pensé à les canoniser, nombre d’entre eux ont marqué les esprits. C’est de là d’ailleurs que nous vient la légende d’un certain Lucifer.

Encore de nos jours, il n’y qu’à se rendre sur internet et taper dans la barre de recherche « esprit impurs » ou « démon » pour constater que le marché de la peur reste immense,

Mais surtout pour se rendre compte qu’il existe un malentendu majeur – et qui la dent dure -, un décalage profond entre la superficialité des interprétations qui ont pu être faites des passages des évangiles qui évoquent des « esprits impurs », et la « bonne nouvelle de Dieu »[21], que Jésus est venu proclamer en parole et en actes, et que les évangiles cherchent à transmettre.

Et ce malentendu doit peut-être autant à la peur, qu’au désir de croire que nous ne sommes pas totalement démunis de contrôle sur ce qui nous arrive, au fur et à mesure que se déploie notre vie.

 

Pourtant, le rédacteur de l’évangile selon Luc a pris beaucoup de précautions pour montrer la différence radicale qu’il y a, entre les actions de Jésus de Nazareth et celles d’autres guérisseurs ou exorcistes comme on les appelle encore aujourd’hui. Des guérisseurs itinérants à l’époque de Jésus, il en existait beaucoup.

Des exorcistes aussi, hérités des traditions assyro-babyloniennes toutes proches.

Il faut dire qu’à l’époque de Jésus, autant par des influences perses que greco-romaines, on attribuait à des démons, « des esprits impurs », tout ce qui venait affecter la vie physique, psychique ou émotionnelle des hommes, des femmes, et qui ne pouvait pas se comprendre ou s’expliquer.

Tous ces « esprits » n’étaient pas pour autant tous dits « impurs ».

Bien qu’ils ne soient jamais qualifiés de « purs », il y en avait aussi des plutôt gentils, des sortes de bons génies.

La folie était pensait-on due à des démons :

« Il a un démon, il est fou » disent les adversaires de Jésus lui-même, « Pourquoi l’écoutez-vous ? » [22]

Dans le chapitre qui suit le passage de ce soir, on apprend que la foule devant Jésus pense que Jean le baptiste aussi avait un démon, parce qu’il ne mangeait ni pain ni vin[23].

Dans le monde antique, les « démons », « les esprits impurs » étaient la manière « rationnelle » d’expliquer l’origine des maladies, mais aussi des dérèglements de l’humeur et du déchaînement des passions.

 

Les « esprits impurs » auraient tout à fait pu passer de mode avec l’avancée des sciences, et ce que l’on sait de nos jours sur la richesse de la vie émotionnelle qui est la nôtre, ce que l’on a appris de l’origine des maladies et des troubles psychiques.

Hé bien non.

C’es comme si l’attrait pour les histoires à dormir debout restait un brin plus fort que celui pour la « vraie bonne nouvelle de Dieu ».

 

Alors certes, aujourd’hui on ne dit plus être victimes du démon de l’épilepsie, de celui de la grippe ou de la petite vérole, mais il reste bien encore le démon du jeu, ou le démon dit de midi…

– Rassurons-nous mesdames, il paraît qu’il touche essentiellement les hommes ?! –

Ce que démontrent ces expressions que l’on emploie encore aujourd’hui, ce n’est pas que les démons ont une existence réelle, pas plus qu’hier, mais bien plutôt qu’il arrive à l’homme de se sentir dépassé par ce qui lui arrive ou ce qu’il vit.

De se sentir aliéné même parfois, par des situations qui semblent à première vue inextricables

Qu’il nous arrive de ne plus avoir prise sur nous-mêmes, sur notre vie, et de nous sentir objets de se qui se passe, de ne plus savoir comment en être le sujet.

 

De la même façon, ce que dit l’évangile de Luc ici n’a rien à voir avec une soi-disant preuve de l’existence d’esprits quelconques, qu’ils soient impurs ou pas, mais bien plutôt avec ce qui est unique dans le pouvoir de soigner, sinon de guérir qui est celui de Jésus de Nazareth

« Ceux qui étaient troublés par des esprits impurs étaient soignés »

Ce qu’essaie de démontrer l’évangéliste, c’est que l’action de Jésus n’a rien à voir avec celle des thérapeutes ou exorcistes itinérants de son époque, en cela qu’il n’y a rien de magique là dedans.

 

Et Luc le fait de deux manières

  • Premièrement dans le soin qu’il prend à construire son récit en un tout cohérent.

Un tout dont il est important de tenir ensemble les différents éléments, au lieu de le

prendre petit bout par petit bout.

Vous voyez, si je ne prends que la mèche d’une bougie et que je vous la présente comme cela entre deux doigts, sans la cire autour, bien peu d’entre nous en effet pourraient voir que c’est bien d’une bougie dont il s’agit.

Le rédacteur de l’évangile de Luc a pris grand soin de poser, en tissant son récit, que l’action de Jésus de guérison et de délivrance, même si elle ressemble à d’autres, n’a rien de commun avec elles.

Et que ce n’est pas de magie dont il s’agit, mais de l’agir de Dieu lui-même.

Jésus est dit dès le début « fils de Joseph, fils d’Adam, fils de Dieu »[24].

 

Et en effet, si on ne se souvient pas de la manière dont Jésus est présenté, ni de ce qui précède, et qu’on lit ici qu’« une puissance, une force émanait de Jésus, qui guérissait tout », on pourrait tout de suite penser à une force mystérieuse,

et pourquoi pas un peu magique.

Ce serait oublier que quelques paragraphes auparavant, l’évangéliste a pris grand soin de préciser ce qu’est cette puissance : c’est le mot grec dynamis,

c’est-à-dire une faculté de pouvoir, une force, une puissance, mais aussi une aptitude à être et à devenir.

Et cette puissance, l’évangéliste précise avec insistance que c’est celle « du Seigneur » et que c’est elle qui est avec Jésus :

« elle était là – explique-t-il au lecteur- pour que Jésus réalise des guérisons »[25] ;

Encore un peu plus en amont dans le texte, on lit surtout que cette force, c’est celle de l’Esprit saint, que c’est de cette force-là dont Jésus est rempli, depuis le jour de son très mystérieux baptême.

Mystérieux parce qu’ici chez Luc, ce n’est pas de Jean dont Jésus a reçu le baptême, puisqu’il est dit que le Baptiste est déjà en prison. Il est écrit que « Jésus aussi reçut le baptême, et que pendant qu’il priait, le ciel s’ouvrit et l’Esprit saint descendit sur lui sous une forme corporelle, comme d’une colombe »[26],

 

  • Le deuxième procédé que L’évangéliste utilise pour bien montrer la différence

radicale entre les guérisons qu’opère Jésus, et une pratique magique – qu’il aurait pu transmettre à ses disciples et que pourquoi pas, nous pourrions aussi un jour posséder -, c’est le choix de ce mot, « esprit » :

Le mot qui est traduit par « esprit », c’est le mot pneuma,

un mot dont le sens premier signifie vent, souffle, respiration.

Sa traduction la plus adéquate est souffle…

« le ciel s’ouvrit et le Souffle saint descendit sur lui »

C’est la traduction grecque du mot hébreu « ruach », le souffle de Dieu, ce principe de vie qui ordonne le chaos, qui crée et qui donne la vie.

 

Et en posant ouvertement cette identité entre le Souffle créateur de Dieu, l’évangéliste pose que ce qui « est avec » Jésus et qui soigne, qui délivre et qui parfois guérit, c’est le principe de la vie même,

c’est la force du Souffle de Dieu qui planait sur les eaux de la Genèse.

C’est ce Souffle qui est là, en Jésus, « pour qu’il réalise des guérisons ».

Rien de magique dans tout cela, c’est-à-dire rien que l’on ne puisse posséder ou même imiter.

Rien que l’on puisse contrôler, maîtriser ou transmettre.

Rien que l’on puisse faire advenir à force de formules ou de rites.

 

Du souffle de Dieu et de sa puissance, de sa force, il est dit ainsi que rien ni personne ne peut le saisir, ni le posséder, mais qu’il est indissociable de la personne de Jésus Christ.

 

Et c’est le même mot -pneuma- souffle qui est employé dans l’expression « esprits impurs ».

En parlant de « souffles impurs », l’évangéliste donne à entendre que ce qui affecte les hommes, les femmes, dans leur corps, leur cœurs ou leur esprit est bien parfois aussi insaisissable, mais que cela n’a aucun pouvoir face à celui du Souffle Saint.

Les souffles impurs n’ont d’autre pouvoir que celui de troubler les hommes…

Et Dieu sait si cela les a troublés,

Cependant, ces souffles, tout impurs qu’ils soient, ne sont rien face au Souffle de Dieu.

 

L’évangile de Luc a deux volets : le premier dont est extrait le récit de ce soir, et le deuxième que constitue ce que l’on appelle les actes des apôtres, au début duquel Jésus ressuscité annonce : « Une fois que l’Esprit saint sera venu sur vous,

vous recevrez une puissance, une force »

 

On a du mal à croire que l’Esprit de Dieu, l’Esprit Saint est vraiment donné depuis à tout homme, et à toute femme.

Et pourtant, la voilà la « bonne nouvelle de Dieu » que Jésus est venu annoncer.

Voilà la vraie bonne nouvelle qu’il est venu incarner, parmi nous

 

Chant 334 esprit de Dieu la force est en toi

 

« Vous recevrez une force, une puissance »[27] 

Le don que Jésus-Christ nous a fait de son Esprit ne nous rend pas capable de faire ce qu’il faisait, de guérir les maladies ou de chasser tout ce qui peut aliéner les êtres humains que nous sommes. Le médecin, c’est lui.

On peut le regretter ou bien considérer que ce que le don qu’il nous fait nous ouvre à bien plus encore, puisque ce à quoi il nous ouvre n’est non pas de l’ordre du pouvoir, mais de l’être : amour, joie, paix, bonté, liberté d’être et de devenir, confiance en soi et confiance en l’autre.

 

Oui, l’Esprit de Dieu, l’Esprit saint est donné à tout homme et à toute femme,

et c’est une force.

Mais ce n’est pas une force magique, ésotérique,

c’est le don du Christ qui agit dans la vie de chacun, et qui libère du doute, des aliénations, qui rend fort dans les difficultés, qui rend joyeux et confiant, qui donne douceur, serviabilité et maîtrise de soi.

 

Vous me direz peut être que c’est voilà un discours bien psychologisant, et que c’est la psychologie qui en tuant les démons, a tué aussi les miracles.

Mais c’est peut-être que …

de même que les démons des grecs anciens et de l’antique empire Perse, les miracles ne sont pas ce que l’on croit.

 

Voilà pour ne pas conclure, ce qu’en disait au 5ème siècle un éminent docteur de l’Eglise, Augustin d’Hippone. Il avait quant à lui identifié un démon bien commun, très courant mais très gênant, qui est celui qui empêche d’ailleurs la plupart des miracles d’advenir :

 

« Un médecin est venu parmi nous pour nous rendre la santé », disait-il dans un sermon qui a été retrouvé dans une bibliothèque de Mayence, au siècle dernier

« Un médecin est venu parmi nous pour nous rendre la santé : notre Seigneur Jésus Christ. Il a trouvé la cécité dans notre cœur, et il a promis la lumière « que personne n’a vue de ses yeux, que personne n’a entendue de ses oreilles, que le cœur de l’homme n’a pas imaginée »[28]

L’humilité de Jésus Christ est le remède à ton orgueil.

Ne te moque pas de ce qui te donnera la guérison ;

sois humble, toi pour qui Dieu s’est fait humble.

En effet, il savait que le remède de l’humilité te guérirait, lui qui connaît bien ta maladie et sait comment la guérir.

Tandis que tu ne pouvais pas courir chez le médecin, le médecin en personne est venu chez toi… Il vient, il veut te secourir, il sait ce dont tu as besoin.

Dieu est venu avec l’humilité pour que l’homme puisse justement l’imiter ; s’il était resté au-dessus de toi, comment aurais-tu pu l’imiter ? Et, sans l’imiter, comment pourrais-tu être guéri ? Il est venu avec humilité, car il connaissait la nature du médicament qu’il devait t’administrer : un peu amère, certes, mais salutaire.

Et toi, tu continues à te moquer de lui, lui qui te tend la coupe, et tu te dis : « Mais quel genre de Dieu est-il, mon Dieu ? Il est né, il a souffert, il a été couvert de crachats, couronné d’épines, cloué sur la croix ! »

Âme malheureuse !

Tu vois l’humilité du médecin et tu ne vois pas le cancer de ton orgueil, c’est pourquoi l’humilité ne te plaît pas…

Il arrive souvent que les malades mentaux finissent par battre leur médecin. Dans ce cas, le médecin miséricordieux non seulement ne se fâche pas contre celui qui l’a frappé, mais il tente de le soigner…

Notre médecin, lui, n’a pas craint d’être tué par des malades atteints de folie :

il a fait de sa propre mort un remède pour eux.

En effet, il est mort et ressuscité »[29].

 

19 Et tous les gens de la foule cherchaient à le toucher lui,

parce qu’une puissance, une force, émanait de lui, et guérissait tout.

20 Et lui, ayant levé les yeux vers ses disciples, Jésus disait :

« heureux les humbles,

parce que le royaume de Dieu est vôtre »

 

 

 

[1] Luc 6 verset précédent

[2] Προσευχομαι : aoriste infinitif. Pour adresser une prière. À l’absolu, veut dire adorer, prier, supplier.

[3] Προσεθχη του θεου : prière de Dieu (génitif)

[4] Προσφωνεω : prononcer une parole, adresser la parole à quelqu’un, appeler quelqu’un d’un nom ou par son nom,

[5] Μαθητης : disciple, qui apprend, étudiant.

Μαθητεια : instruction que l’on reçoit d’un maître

Μαθητευω : être disciple de, et par suite enseigner, instruire. Au passif signifie recevoir des leçons.

Μαθητιαω veut dire en premier lieu avoir le désir d’apprendre, puis par suite être disciple.

[6] Εκλεγομαι : au moyen signifie choisir pour soi, élire, prélever.

[7] Αποστολος : envoyé au loin. Envoyé, député, représentant, envoyé de Dieu

[8] Προδοτης : traître, traître à ses serments, déserteur. Celui qui abandonne quelqu’un dans le danger

[9] Ιαομαι : au passif comme ici, être guéri, être délivré d’un mal. Au moyen signifie guérir, réparer l’injustice, restaurer.

C’est le seul verbe qui signifie vraiment guérir, et que l’on rencontre 27 fois dans le NT, seulement 1 fois chez marc, 3 fois chez Jn, 4 fois chez Mt et 12 fois chez Luc. Le terme est toujours réservé à Jésus.

[10] Νοσος : – Au sens physique, en parlant de personnes : maladie. En parlant de la terre, stérilité

  • En parlant de l’intelligence : égarement de l’esprit, démence, folie
  • Au sens moral : souffrance morale, folle passion

[11] Ενοχλεω au participe passif. Être troublé, être gêné.

[12] Πνευμα – πνευματος :

  • souffle d’où souffle de de vent
  • c’est la traduction du hevel du livre du Qohélet : haleine, expiration de l’air expiré, respiration
  • souffle de vie, respiration
  • exhalaison, odeur
  • souffle d’enthousiasme, d’ardeur. Souffle divin, esprit divin, d’où esprit. Mais ce n’est que le sens dernier du mot.

[13] Ακαθαρτος : non purifié, impur

[14] Θεραπευω : souvent faussement traduit par guérir, il signifie prendre soin de, c’est-à-dire

  • en premier lieu servir, être serviteur,
  • entourer de soin, de sollicitude d’où honorer (les dieux, les parents). Choyer, courtiser, flatter. S’occuper de, entretenir, soigner, prendre soin. Faire le service des temples, s’occuper des choses du culte. Cultiver la terre. Assister selon le besoin du moment présent.
  • Donner des soins médicaux, soigner, traiter. Atténuer. Porter remède

[15] Δυναμις : puissance, c’est-à-dire faculté de pouvoir, aptitude à être ou à devenir. Pouvoir, puissance, force (tant physique que morale). C’est le mot qui a donné dynamique….

[16] Πτωχος : qui se blottit ou qui se cache, d’où humble.

Par extension : pauvre, mendiant, pauvre en, dépourvu de

[17] Luc 4, 31-37

[18] Une seule fois dans l’évangile de Matthieu, 4 fois chez Luc et 7 fois chez Marc

[19] Luc 4, 38

[20] Luc 4, 41

[21] Luc 4, 44

[22] Jean 10, 20

[23] Luc 7, 31

[24] Luc 3, 23.38

[25] Luc 5, 17

[26] Luc 3, 21-22

[27] Actes 1, 8

[28] 1Co 2,9

[29] Saint Augustin, Sermon Dolbeau 61, 14-18 (trad. Solesmes, Lectionnaire, t. 2, p. 343)