Prédication du 3 février 2019 au temple de Carouge

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1) Textes bibliques

 

Ouverture Esaïe 57, 16-19

16 Je ne me fâcherai pas pour toujours,

je ne serai pas irrité à jamais, car devant moi défaillirait le souffle,

et les êtres vivants que j’ai faits […]

18 Je les ai vus, les chemins de celui qui s’est perdu.

Mais je le guérirai, et je le guiderai,

et je le comblerai de consolations, lui et ceux qui pleurent

avec lui. 19 Ce qui mettra la louange sur les lèvres !

Paix, paix ! pour celui qui est loin et pour celui qui est proche,

dit l’Éternel.

Et je le guérirai.    

 

Volonté de Dieu et déclaration du pardon Esaïe 58, 6-8 ; 11- 12

6 Voici le jeûne auquel je prends plaisir :

ouvrir les chaînes de la méchanceté,

dénouer les liens de l’asservissement et renvoyer les opprimés libres,

et rompre toute espèce d’asservissement ;

7 Rompre ton pain pour celui qui a faim.

Et tu donneras une maison aux humiliés qui sont sans foyer.

Quand tu verras un homme nu, alors tu le couvriras,

et tu ne te détourneras pas de ce qui est de ta chair.
8 Alors ta lumière jaillira comme l’aube, et ta cicatrisation germera vite; ta justice ira devant toi, et la gloire de l’Éternel fermera la marche pour toi.

 

11 L’Éternel te conduira constamment,

et il rassasiera ta vie dans les endroits arides,

et il te rendra vigoureux ;

et tu seras comme un jardin irrigué,

comme une source dont les eaux ne s’épuisent jamais.

12 Et à partir de toi, ils rebâtiront sur les ruines,

tu relèveras les fondations de génération en génération ;

on t’appellera réparateur de brèche,

celui qui restaure les chemins pour qu’on puisse vivre.

 

Lectures Luc 4, 14-30

14 Alors Jésus revint dans la puissance de l’Esprit vers la Galilée,

et on se mit à parler de lui à travers toute la région.

15 Et il enseignait dans leurs synagogues, rendu célèbre par le fait de tous.

16 Puis il vint à Nazara où il avait été élevé, et suivant sa coutume, il entra dans la synagogue le jour du sabbat, et il se leva pour lire.

17 On lui remit le livre du prophète Esaïe, il le déroula et trouva le passage où il était écrit :

18 « l’Esprit du Seigneur est sur moi par ce qu’il m’a donné l’onction[1] pour annoncer la bonne nouvelle à ceux qui se cachent[2]. Il m’a envoyé pour proclamer la libération à ceux qui sont pris à la pointe d’une lance[3], et aux aveugles[4] l’action de recouvrer la vue[5], envoyer en liberté ceux qui ont été brisés[6], 19 proclamer une année de grâce[7] du Seigneur. »[8]

 

20 Puis il roula le livre, le rendit au servant, et s’assit ;

et tous dans la synagogue avaient les yeux fixés sur lui.

21 Alors il commença à leur dire : « aujourd’hui cette écriture, que vous avez entendue, a été accomplie »

22 Et tous lui rendaient témoignage.

 

Ils s’étonnaient au sujet des paroles de grâce sorties de sa bouche, et ils disaient : « celui-ci n’est-il pas le fils de Joseph ? »

23 Alors il leur dit : « vous allez sûrement me citer cette parabole : médecin, soigne-toi toi-même ! Tout ce nous avons appris qu’il est arrivé à Capharnaüm, fais-le aussi ici dans ta patrie. »

24 Et il dit : « amen, je vous le dit, aucun prophète n’est bien accueilli dans sa patrie. 25 En vérité, je vous le dit, il y a avait beaucoup de veuves en Israël aux jours d’Elie, quand le ciel est resté fermé pendant trois ans et six mois et qu’une grande famine est survenue sur toute la terre ; 26 pourtant Elie n’a été envoyé à aucune d’entre elles, mais à une veuve de Sarepta, dans le pays de Sidon.

27 Il y avait aussi beaucoup de lépreux en Israël au temps du prophète Elisée : et pourtant aucun d’eux ne fut purifié, mais bien Naamân le Syrien ».

28 Alors en entendant ceci, tous, dans la synagogue, furent remplis de colère.

29 Ils se levèrent, ils le jetèrent hors de la ville, et le menèrent jusqu’à un escarpement de la montagne sur laquelle étaient bâtie leur ville, pour le précipiter en bas.

 

30 Mais lui, il passa au milieu d’eux, et il s’en alla

 

2) Prédication d’Elisabeth Schenker

 

C’était il y a 12 ans, à Washington, dans le hall de l’une des stations de métro les plus fréquentées de la ville. Il est 8h moins 10, en pleine heure de pointe. Pendant 3 quarts d’heure, un violoniste d’une quarantaine d’années, beau comme un mannequin de magazine, a joué sur son violon -un stradivarius de 4 millions de dollars- quelques uns des plus beaux morceaux du répertoire classique.

1097 personnes sont passées devant lui, qui pour la plus grande majorité portaient sur eux le badge des employés de l’administration fédérale,

Juste en haut des escalators, un peu plus loin, des gens faisaient la queue au kiosque pour jouer à la loterie.

4 personnes se sont arrêtées, une seule a reconnu le musicien.

C’était pourtant Joshua Bell, le violoniste le plus célèbre et le plus médiatique du pays.

Dans son étui à violon, à la fin de ce drôle de concert improvisé, il y avait 32 dollars alors que la veille à Boston, il jouait à guichet fermé, le prix moyen des places était de 100 dollars.

« Je ne ressentais pas le trac comme sur scène, a-t-il dit après cette expérience, mais je ressentais un petit quelque chose, comme des palpitations. Quand on joue pour des gens qui paient leur place, on se sent déjà choisi. Je n’avais jamais eu le sentiment de devoir être accepté. Je l’ai toujours été. Là je pensais : que se passera-t-il si les gens ne m’aiment pas ? »…

La plupart des passants ne l’ont même pas vu.

Cette expérience, C’est le Washington Post,

ce journal américain à gros tirage qui l’a menée, pour tenter de répondre à une question qui est celle-ci :

«dans un environnement commun à une heure inappropriée sommes-nous en mesure de percevoir la beauté? Nous arrêtons-nous pour l’apprécier? Savons-nous reconnaître le talent dans un contexte inattendu? »[9] 

Notons juste au passage que tous les enfants l’ont fait, sans toutefois pouvoir s’arrêter, tirés par le bras de leur parent.

Sur le film réalisé en caméra cachée on les voit se dévisser la tête le plus longtemps possible avant de disparaître.

 

Avec ce passage de Luc que nous venons d’entendre, nous pourrions paraphraser cette question pour nous poser celle-ci :

« dans un environnement commun, sommes-nous en mesure de reconnaître Dieu ?

Nous arrêtons-nous pour l’écouter ?

Savons-nous le reconnaître dans un contexte inattendu ?

Rassurez-vous, aucune expérience n’est en cours aujourd’hui, mais une chose est sûre :

les gens présents ce matin de shabbat dans la maison de prière de Nazareth n’ont pas été en mesure de le faire :

Mais ce n’est pas parce qu’ils n’ont pas reconnu jésus…

C’est au contraire parce qu’ils le connaissaient trop.

Ou plutôt parce qu’ils croyaient si bien le connaître :

« n’est-ce pas Jésus, le fils de Joseph, le charpentier ? ».

Que ce soit il y a plus de 2000 ans, que ce soit aujourd’hui,

nos préjugés -ces jugements que l’on forme à l’avance sur quelque chose ou sur quelqu’un- empêchent l’évènement de la rencontre.

Et c’est pour cela que vraie bonne nouvelle que Jésus annonce dès ses débuts n’a pas pu être reçue ce matin là par les gens qui l’avait vu grandir.

Ils ne le pouvaient simplement pas.

Les préjugés qu’ils avaient sur Jésus ne permettaient pas,

Leurs croyances religieuses non plus.

Jésus, d’abord, ils le connaissaient bien, ils l’avaient vu courir avec tous les autres gamins du village, faire des bêtises, peut-être – du moins je l’espère –

Mais surtout, ils avaient des prières et des rites pour être bien sûrs d’être en règle avec la représentation qu’ils avaient de Dieu, avec le savoir qu’ils croyaient posséder sur Dieu.

Dieu était à distance respectable, mis à part, dans le saint des saints,

et eux étaient dans la vraie vie, celle qui est dite profane.

 

La rencontre n’a pas pu avoir lieu.

Car hier comme aujourd’hui, on peut prétendre savoir bien des choses sur Dieu,

on peut Imaginer bien des choses sur ce que l’on doit faire ou pas pour s’assurer de lui plaire,

sans jamais le rencontrer de notre vivant.

 

Jésus, en prenant la parole ce jour-là ne dit rien d’un savoir particulier supplémentaire sur Dieu…

ce qu’il propose, c’est une rencontre, comme pour poser d’emblée en paroles et en acte le cœur de son message, qui est

que toute rencontre humaine peut être expérience de la présence de Dieu,

que toute rencontre humaine du mystère d’un autre est présence de Dieu.

 

Et à la lumière de cette situation, à la lumière cet l’échec, à Nazareth, on s’aperçoit que la rencontre n’est possible qu’à deux conditions :

  • La première c’est qu’il est nécessaire pour cela de sortir de

soi, c’est-à-dire de se défaire de ce que l’on imagine à propos du comment doivent être les choses, comment devrait être notre vie, comment doit être l’autre et ce qu’il doit faire.

  • La deuxième, c’est de se laisser aller à la découverte de cet autre,

en oubliant ce que l’on croit savoir sur elle, sur lui,

en laissant de côté ce que l’on attend d’elle, ou de lui

 

Une rencontre authentique, c’est effectivement la découverte d’un autre comme véritablement autre : autre que celui que nous voudrions qu’il soit,

autre que celui que nous attendions,

autre que celui que nous croyions déjà connaître :

le fils du charpentier…

la voisine d’à côté qui met la télé trop fort le soir,

un musicien de rue de plus dans une station de métro, et qui a bien de la chance ce matin-là que la cireuse de chaussures n’appelle pas la police, comme elle le fait d’habitude

Et pourtant, pourtant, quand cette rencontre advient, et nous en avons toutes et tous l’expérience,

au moins quelques fois, nous entrons dans quelque chose de l’ordre du mystère,

quelque chose qui en même temps que la découverte de l’autre, nous fait découvrir une part de nous nous-mêmes.

 

Et surtout nous entrons dans quelque chose qui est de l’ordre de ce que l’on appelle le salut :

car c’est dans ces moments là, paradoxalement, que nous nous découvrons en lien avec profond avec cet autre, que nous nous sentons profondément reliés les uns aux autres.

Et c’est là, dans ce moment, que nous faisons l’expérience de la non-séparation, de l’unité,

l’expérience d’être Un comme le Père et le fils sont Un, comme il est dit dans l’évangile de Jean.

 

Ce jour-là dans la maison de prière de Nazareth, c’est bien de salut dont il est question,

mais il n’advient pas :

il n’y a pas de rencontre entre Jésus et les gens qui étaient présents. Il n’y a pas d’expérience de ce salut annoncé.

Pas de lien, mais au contraire, un malaise qui s’installe, une incompréhension qui va aller en s’aggravant.

Pourtant, au début, en écoutant Jésus, les gens semblent conquis : « Ils lui rendent témoignage » peut-on lire… Puis la rencontre échoue.            

La distance entre ce qui était attendu ce matin dans la maison de prière et ce qui s’y passe est sans doute si grande que le témoignage fait place à l’étonnement, puis à la colère.

 

Ce jour-là, Jésus est invité à lire et à commenter ce qui est dit être « la parole de Dieu ». Il choisit un passage du troisième rouleau du livre d’Esaïe : ce sont des paroles qui annoncent le salut, des paroles qui parlent de libération, de liberté et de lucidité

 

18 « l’Esprit du Seigneur est sur moi par ce qu’il m’a donné l’onction pour annoncer la bonne nouvelle aux humbles. Il m’a envoyé pour proclamer aux captifs la libération et aux aveugles le retour à la vue, renvoyer les opprimés dans la liberté, 19 proclamer une année de grâce du Seigneur. »

 

Jésus referme le rouleau, et dit :

« aujourd’hui cette écriture, que vous avez entendue, a été accomplie » Comme s’il disait :

le salut qui a été annoncé et que vous attendez est là, c’est moi.

 

On comprend mieux l’étonnement des gens présents quand on se rend compte d’abord que Jésus s’est arrêté de lire avant la fin du passage. Et à cette époque, cela n’échappe sans doute à personne. En effet, ce passage tous le connaissaient par cœur, et quel que soit le manuscrit auquel on se réfère, parmi ceux qui nous sont parvenus du livre d’Esaïe, on voit que Jésus saute une phrase :

celle qui annonce ce fameux jour du jugement que tout le monde attendait, ce jour de la rétribution, le jour de la vengeance de Dieu.

A la place, Jésus leur dit :

« « aujourd’hui cette écriture, que vous avez entendue, a été accomplie »

 

Pour des gens qui imaginaient le salut

Soit comme quelque chose qui n’avait rien à voir avec le temps présent, et qui n’arriverait qu’après ce fameux jugement de Dieu, pour quelques élus triés sur le volet

soit comme un évènement qui rétablirait la puissance de leur pays sur ceux d’à côté, il y a de quoi être déçu…

 

Mais en y regardant de plus près, ce n’est pas ça qui a déclenché leur colère

Ce qui les a mis en colère semble-t-il, c’est la réponse de Jésus à leur rejet, à leur refus d’entrer en lien ; ce moment où après s’être étonnés « des paroles de grâce qui sortaient de sa bouche », ils se reprennent et se disent c’est bien beau tout ça, mais …. « celui-ci n’est-il pas le fils de Joseph ? »

 

« 25 En vérité, je vous le dit, leur répond Jésus, il y a avait beaucoup de veuves en Israël aux jours d’Elie, […] 26 pourtant Elie n’a été envoyé à aucune d’entre elles,

mais à une veuve de Sarepta, dans le pays de Sidon.

27 Il y avait aussi beaucoup de lépreux en Israël au temps du prophète Elisée : et pourtant aucun d’eux ne fut purifié, mais bien Naamân le Syrien ».

 

C’est cela qui semble bien déclencher leur colère :

Que Jésus leur rappelle que c’est à une Phénicienne, à un Syrien que Dieu a envoyé ses prophètes, et que ces deux personnes qui ne faisaient même pas partie du peuple de ceux qui se croyaient élus entre tous les peuples, elles l’ont faite, cette expérience de rencontre avec Dieu,

qui porte en elle le salut !

Elles l’ont faite en recevant un tiers sans préjugés, un autre qui leur a été envoyé, et qu’ils ont accepté de rencontrer.

 

Il faut vous dire qu’avant la venue de Jésus, pour les gens présents ce matin dans la maison de prière, les choses étaient aussi simples ou presque que pour nombre de religieux dogmatiques d’aujourd’hui, de quelque bord qu’ils soient : un jour, justice sera faite !

Et si ce n’est pas ici, ce sera au ciel : d’un côté les justes, eux,

de l’autre côté les méchants : les autres. Tous les autres qui ne pensaient pas comme eux,

ne jeunaient pas comme eux, ne priaient pas comme eux…

Et voilà que le fils de leur voisin vient leur annoncer que le jugement de Dieu tant attendu, qui viendrait rétablir la justice sur la terre comme au ciel, il est là, devant eux…

Qu’il est cet envoyé attendu et que ce jugement ne serait autre que sa venue ?

Que le salut n’est pas réservé à un petit nombre, mais qu’il est pour toutes, pour tous,

qu’il est pour aujourd’hui comme pour demain,

et que c’est dans l’espace d’une rencontre qu’il se rend présent ?

Et que donc il n’y aurait pas besoin de rites, pas besoin d’intermédiaires qui détiendraient un savoir sur Dieu, et qui auraient le pouvoir de communiquer avec lui de manière privilégiée, voire le pouvoir de le rendre présent sur commande ?

 

L’évangile de Luc est le seul à présenter cet épisode de la vie de Jésus au tout début de sa vie publique. Il y a une pourtant constante dans les 4 évangiles : dès le début, Jésus sait que son message ne pourra pas être reçu…

Avait-il prévu un tel mouvement de foule ? Nul ne sait.

Par contre, les responsables du Washington Post qui ont organisé l’expérience dans le métro, eux, ils avaient prévu des mouvements de foule. Il faut dire qu’il y a un peu plus de 10 ans, Joshua Bell était déjà une vraie star de renommée internationale.

Ils avaient tout prévu, sauf cette indifférence.

Le journaliste qui a écrit l’article relatant l’expérience, pour lequel il a reçu d’ailleurs le prix Pulitzer, raconte que même en passant l’enregistrement de de la scène en vitesse accélérée, « les mouvements du violoniste restent incroyablement fluides et gracieux. Qu’il est tellement différent des passants qui ne le voient ni ne l’entendent, que c’est comme si deux mondes parallèles coexistaient, et que l’on se prend à penser que le violoniste n’est pas là, lui, pas vraiment. Un fantôme. Et c’est alors que l’on comprend, dit-il… Non, c’est lui qui appartient au monde réel. Les autres sont les fantômes ».

 

Qu’est-ce qui a fait que ces autres, qui étaient présents dans la maison de prière ce matin-là, ne sont pas, eux aussi, restés indifférents ?

Après-tout, Jésus était déjà célèbre certes, mais n’était-ce pas un enfant du pays qui se tenait devant eux, Jésus, le fils de Joseph, le charpentier ?

L’idée que Dieu puisse quitter soudain ce monde parallèle

dans lequel il était bien cantonné, bien circonscrit, bien défini, leur était-elle si insupportable ?

Quoiqu’il en soit, la remise en question à laquelle ils se trouvent confrontés est tellement radicale, que la colère l’emporte et qu’Ils décident de tuer Jésus.

C’est d’ailleurs le sort prescrit par le livre du deutéronome pour tous les faux-prophètes,

ceux qui poussent le peuple à adorer un autre Dieu…

Jésus passe simplement au milieu d’eux…. Et s’en va

 

Ce n’est pourtant pas un autre Dieu que Jésus proclame dès le début de son ministère public.

C’est bien le même, celui qui a révélé son nom en disant qu’il est celui qui était, qui est et qui sera : le vivant, qui vit et qui vivra.

Un Dieu que personne ne peut posséder, que personne ne peut enfermer ni dans des dogmes,

ni dans des pratiques, ni dans un savoir :

parce que justement, c’est un Dieu vivant, un Dieu aimant,

Un Dieu qui cherche la rencontre et qui se donne à rencontrer.

Pas au ciel, dans un monde parallèle, mais bien là, dans la vraie vie, celle de tous les jours,

dans l’environnement commun de tous nos matins.

 

Seulement voilà :

 

« dans un environnement commun,

sommes-nous en mesure de reconnaître Dieu ?

Nous arrêtons-nous pour l’écouter ?

Savons-nous le reconnaître dans un contexte inattendu ?

 

[1] Χριω : toucher légèrement, effleurer. . Frotter, d’où oindre, enduire,

[2] πτωχοσ : traduit habituellement par « les pauvres », mais le sens premier du mot est : celui qui se blottit ou qui se cache, d’où humble. Pauvre, mendiant (pauvre en… dépourvu de …) Dans la LXX, on lit ensuite « pour guérir les cœurs qui ont été brisés ».

[3] Αιχμαλωτος : ce qui est pris à la guerre, littéralement à la pointe de la lance . Les prisonniers de guerre, le butin de guerre

[4] Τυφλος : signifie certes aveugle au sens de non-voyant, mais aussi obtus, borné, qui a la vue courte. Qui n’entend pas, qui ne comprend pas, qui ne voit pas. Et par suite, fermé, sans ouverture, sans issue.. Désigne aussi les parties du littoral inabordables ou obstruées par la vase, des endroits où l’eau ne trouve pas d’issue pour sourdre… Se dit aussi plantes qui ne trouvent pas d’yeux et qui sont arrêtées dans leur développement. Mais veut dire aussi : qu’on ne voit pas. A travers quoi l’on ne peut pas voir, peu clair, obscur.

[5] Αναβλεψις action de regarder vers le haut. Action de recouvrer la vue (retrouver quelque chose que l’on avait perdu, pas quelque chose que l’on n’avait pas. Le teste de la LXX s’arrête là.

[6] Θραυω ici participe parfait passif : avoir été broyé, brisé, déchiré. Le verbe actif signifie briser

[7] Δεκτος : accepté. Admis, d’où agréable. Vient de δεχομαι qui signifie recevoir, accepter, recevoir favorablement, mais aussi prendre sur soi, se charger…

[8] Jésus cite Esaïe 62, 1-2, mais en supprimant la partie qui parle du « jour du jugement » :

Texte de la LXX : « L’esprit du Seigneur est sur moi, en cela                   qu’il m’a donné une onction ; il m’a envoyé annoncer une bonne nouvelle à ceux qui se cachent, pour guérir les cœurs brisés, pour annoncer la libération à ceux qui sont pros à la pointe d’une lance, et aux aveugles la vue. Pour publier une année d’accueil par le Seigneur, et le jour de rétribution, et consoler tous les affligés »

Texte de la BHS : « Le souffle de l’Eternel Seigneur est sur moi, parce que l’Eternel m’a oint pour l’annoncer aux humiliés. Il m’a envoyé pour panser ceux qui ont le cœur brisé, pour proclamer aux esclaves : affranchissement, et aux prisonniers : libération. Pour proclamer l’ouverture des yeux. Pour proclamer une année de bienveillance (de grâce) de la part de l’Eternel et un jour de vengeance de notre Dieu pour consoler tous les endeuillés ».

[9] Gene Weingarten, journaliste , a reçu le prix Pulitzer pour cet article en 2007